Tiens, on va commencer par citer ceux que l’on ne voit jamais mais qui vous pilotent un repas en en dessinant le cadre, les matières, le son, la lumière, les couleurs, bref, toute une palette de sensualités qui vous mettent l’eau à la bouche en ayant cette forte impression d’être considéré comme un client important. Au « Grand Cœur » dans la cour de l’historique Café de la Gare de Coluche, Julie Deglesne et Brune de la Guérande, deux architectes pas encore dans le carré des stars ont réussi leur coup en jouant de la froideur du marbre et de la chaleur du bois, en mariant couleurs froides et éclairage chaleureux, en diversifiant les ilots où chaque groupe de clients trouvera ambiance à son goût. Et tout ça pour quoi ? Trois fois rien comme challenge : accueillir la cuisine de Mauro Colagreco, le chef du Mirazur (Menton) représenté ici par XXXXXX, son ancien second, qui ne trahit rien du maître. L’ardoise de midi joue sur des prix veloutés et des plats que Mauro a su créer en prenant bien la mesure du lieu et de sa clientèle. Un velouté justement en entrée, asperges et une pointe de citron de Menton, simple comme une page blanche, une mise en route du palais pour accueillir ensuite un plat de pâtes. Et oui, n’en déplaise aux ronchons de la gastronomie étoilée, on peut s’appeler Mauro Colagreco et sortir un plat de pappardelles de folie parce que support à un ragout d’agneau gouteux, généreux, avec cette touche de réalité augmentée amenée par quelques herbes du sud. Et au dessert, c’est comme à la maison, clafoutis aux figues avec glace, un chaud-froid qui donne juste envie de revenir faire quatre heures, ce qui d’ailleurs s’avère possible, parce qu’ici, on a le grand cœur à l’ouvrage.

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