On a connu la cuisine de Petter Nilsson à Paris. Un mélange résolument réjouissant de cuisine nordique et d'influences du sud. On se souvenait avec émotion du pain au levain moelleux, un poil sucré, qu'il pétrissait chaque matin, et qu'on a retrouvé chez Spritmuseum, près des Docs de Stockholm. C'est dans le restaurant du musée des spiritueux, proche de l'île de Djurgärden, que Petter Nilsson a retrouvé sa Suède natale. Et quel bonheur de renouer avec ses assiettes d'une rare élégance, qui ne boudent jamais le plaisir, à l'instar de ces chips au riz soufflé surmonté de skreï cru soyeux, à tremper joyeusement dans une crème à l'ail des ours - pickles de sureau. Petter Nilsson n'en finit pas de raconter son plaisir de cuisiner dans cet espace à la lumière parfois aveuglante, où flirtent couleurs pastelles et bois blond, et petits bouquets de fleur posés sur chaque table.

Le cuisinier évoque aussi la future terrasse qui viendra épouser toute la vue au printemps, et la carriole à bières pression pour abreuver tous les convives. Une sorte de « sweden way of life. » Nilsson tient à désacraliser la gastronomie. Il n'aime pas particulièrement les menus à rallonge où l'on passe des heures à table. Si expérience il y a, elle doit être de bien être. Et quand on goûte à sa tartelette à la compotée de prune et chantilly, on a vraiment envie de se passer de cuillère. Le ravissement à manger tout cru.

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