Dès qu'on franchit le seuil de cette majestueuse maison blanche en plein cœur de Notting Hill, on se sent devenir un invité particulier.

 La demeure est fastueuse et semble avoir gardé les empreintes du passé pour mieux assurer les fondations du présent. Voilages, nappes blanches, argenterie, cloches même, les codes du restaurant gastronomique sont là. Ils peuvent intimider (un poil) au départ, mais le service attentif et surtout le jeune âge de la maisonnée, jusqu'au chef  australien, Brett Graham, mettent très vite en confiance.

Là où le cuisinier pourrait brusquer ses convives avec des compositions frontales, il préfère la mesure, l'équilibre, les références communes. On retrouve le foie gras cuisiné en pommade, un joli plat d'automne avec ses noisettes grillées, artichaut et topinambour, la Saint-Jacques crue habillée d'algues et de choux, la caille et purée de marron ou le rennes genévrier saucisse, à la fois viril et sophistiqué. Les assiettes de Brett caressent, répondent à l'appétence de l'hédoniste venu faire sa cure de plaisir. 

Quand s'invite le toast brioché tout doré généreusement garni de truffes et de cèpes, archi-fondant, "decadent" comme disent les anglais, on croque et on craque.

Le plateau de fromage, trop rare dans les restaurants, devient ici un magnifique tableau garni de raretés locales et d'évidences, parsemées de fruits frais et secs et de quelques petits sablés.

 Aller jusqu'au bout de la gourmandise, sans détour, ce n'est pas donné à tous.  Et quand arrive le beignet tout boursouflé qui vient conclure le menu, on n'hésite pas une seconde...

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