Plus d’une fois, on avait surpris Davy Schellemans dans sa cuisine microscopique, musique rock à fond, façonnant des assiettes de haut vol. C'était son premier Veranda, un bijou de bistrot bourré de charme, un brin rétro. C'était il y a quelques années, suffisamment pour que Davy ait envie de donner de l'ampleur à son grand talent en initiant un Veranda 2.0. Et cette nouvelle version est spectaculaire : incroyable hauteur sous plafond, décor industriel, grande terrasse aux beaux jours, et cet espace !
Au premier abord, on est presque intimidé par tant de théâtralité. Mais très vite, dès qu’on croise le regard complice de Davy, tout sourire devant ses fourneaux rutilants complètement ouverts, on se sent drôlement bien. Il y a cet accueil, d'une grande bienveillance.
La pétillante sommelière Vanessa Massé et Daan Guelinckx, l'acolyte de toujours, composent à quatre mains une carte de vins aussi excitante que singulière. Et puis il y a toujours cette vivacité communicative : un flacon de saké aux saveurs de champignons extrêmement rare dégoté d'un côté, et de l'autre, des notes torréfiées, fumées, lactées, des compositions minimalistes aux goûts tranchés. Un lien si charnel aux produits, que l’on retrouve dans cette carotte entière traitée presque comme une pièce de viande, dont les sucs explosent de gingembre et répondent avec maestria aux pickles d'orange, ou cette focaccia servie chaude avec un petit bol d'huile d'olive. Et que dire de l'étui à couverts, de l'immense cave à bières locales et au-delà, de chaque détail ? Tout cela donne déjà à ce nouveau Véranda tout l'élan qu'il mérite, et plus encore.

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