Ainsi vibre Paris : il y a ces restaurants du quotidien et ces restaurants de l'exceptionnel, les audacieux, les discrets, les hardis... Et l'air de rien, il y a ceux qui captent l'humeur du moment. Saturne est l'un d'eux.

La cuisine de Sven Chartier prend par surprise, catapulte en douceur, avec cette intelligence des compositions et ces clins d'œil à l'ici et à l’ailleurs. Des assiettes humbles, qui ne disent pas autre chose que leurs intentions.

Le tartare de boeuf est explosif, les oranges sanguines y croustillent tandis que la ricotta râpée rappelle subrepticement l’Italie. Et puis,  il y a le kick des oeufs de poisson qui se mêle au fumé de cette viande moelleuse coupée au couteau.La sauce barbecue est profonde, concentrée sur la seiche telle un aimant : inédites, pesque brutales, les goûts culminent puis s'entrechoquent avec le lardo translucide, comme pour rallier l'ensemble.

Le poulet quant à lui n'est pas en reste : chair tendre à la cuisson sublime avec ses olives de Kalamata et son goût de garrigue. Un plat qu'on croit avoir rencontré mille fois, mais sur le fil ici, electrisant de bout en bout, et en même temps si lisible. Passionnée et rare, la carte des vins d'Ewen Lemoine, dépayse tout autant. Au milieu de cols blancs qui ont fait de ce Saturne leur lieu d'encanaillement, on ne sait plus vraiment où l'on est.

Pour finir, un dernier frisson avec une petite merveille de potiron, matcha et chocolat blanc, et creme tout chocolat, si délicatement irrésistibles. Et cette madeleine. Devenue tout à coup, intemporelle, comme tout le reste.  

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